Amazon lance sa première liseuse en couleur avec la Kindle Colorsoft. Sept pouces, 300 ppp en noir et blanc, 150 ppp en couleur, un prix qui reste au-dessus de la Paperwhite. La couleur justifie la dépense uniquement pour les lecteurs de BD, de livres illustrés et de magazines.
Pour qui lit surtout du texte, la Paperwhite classique reste le meilleur achat. La Colorsoft s’adresse à ceux qui veulent des couvertures en couleur, des planches de BD lisibles et des guides de voyage agréables à feuilleter. Nous avons confronté la fiche technique annoncée par Amazon aux retours des premiers tests de presse pour déterminer ce que vaut ce premier Kindle couleur. L’ensemble de la gamme Amazon est couvert dans nos tests de liseuses Kindle.
La Colorsoft reprend la base technique de la Paperwhite de douzième génération et ajoute une dalle couleur. Le constructeur annonce une résolution de 300 ppp en noir et blanc et de 150 ppp en couleur, avec une technologie d’affichage de polices optimisée pour garder un texte net. La définition de 150 ppp en couleur est le standard actuel des liseuses couleur, on la retrouve aussi chez Kobo et Vivlio.
Concrètement, la couleur change la lecture des couvertures, des BD, des mangas, des livres pour enfants et des guides illustrés. Pour un roman classique, elle ne change rien. Le mode couleur ne s’active que quand le contenu en a besoin, le reste du temps l’écran fonctionne comme une liseuse monochrome.
La dalle de sept pouces offre un confort proche de celui de la Paperwhite : texte net, fond clair, éclairage avant réglable. L’éclairage chaud se règle automatiquement selon l’heure, un réglage manuel reste possible. Le capteur de luminosité ajuste l’éclairage en fonction de la pièce, pratique quand on lit dans le train puis dans le noir.
Les premiers exemplaires sortis à l’automne 2024 ont montré quelques défauts d’homogénéité, un liseré jaunâtre en bas de l’écran selon les retours de lancement. Amazon a corrigé le problème par une mise à jour logicielle. Sur les exemplaires récents, la dalle est propre, même si la dominante légèrement chaude reste visible sur fond blanc.
Un réglage de style de couleur, standard ou vif, permet d’accentuer la saturation. Les couleurs par défaut sont volontairement discrètes, le mode vif les rend plus présentes sans changer l’autonomie, d’après Amazon. Ce réglage sauve les BD aux aplats pâles.
En couleur, la définition de 150 ppp se remarque sur les aplats et les dégradés, moins nets que sur une tablette. L’encre électronique couleur reste volontairement douce, c’est le compromis de la technologie plutôt qu’un défaut de cet exemplaire.
Avec 219 grammes, la Colorsoft pèse à peine plus qu’une Paperwhite. La prise en main est identique : coque fine, écran tactile, pas de boutons physiques de changement de page. On la tient d’une main sans fatigue et elle passe dans un sac à main.
La certification IPX8 autorise une immersion en eau douce jusqu’à deux mètres pendant une heure, d’après la fiche technique. On peut lire dans le bain ou au bord de la piscine sans la moindre inquiétude. La recharge se fait en USB-C ou sans fil grâce au standard Qi intégré, un avantage de cette version Signature.
La Colorsoft lit nativement les formats Kindle (AZW, AZW3), le PDF, le TXT, le MOBI, le HTML, le DOC, le DOCX et le RTF. Les EPUB arrivent par l’envoi par e-mail ou via l’application, Amazon les convertit automatiquement au format Kindle. Cette conversion fonctionne bien pour la plupart des livres, mais elle échoue parfois sur les EPUB complexes, avec des notes de bas de page ou des tableaux.
Point bloquant pour beaucoup de lecteurs français : la Colorsoft ne lit pas les EPUB protégés par Adobe DRM, ceux que prêtent la plupart des médiathèques. Si vous empruntez régulièrement des livres numériques en bibliothèque, une liseuse Kobo ou Vivlio sera plus compatible. La boutique intégrée donne accès au catalogue Kindle, y compris aux livres inclus dans l’abonnement Kindle Unlimited.
Les livres audio Audible se lisent via Bluetooth avec des écouteurs ou une enceinte, un usage annexe mais pratique.
L’autonomie annoncée par Amazon atteint huit semaines en usage de lecture, avec la connexion sans fil désactivée et une luminosité modérée selon la fiche technique. La couleur et l’éclairage font baisser ce chiffre, mais on reste très loin d’une tablette. La version de référence embarque 32 Go, de quoi stocker des milliers de livres, y compris des BD qui pèsent plus lourd que des romans.
Une déclinaison 16 Go existe autour de 210 €, soit le prix d’une Paperwhite. Elle aligne le tarif de la couleur sur celui du noir et blanc, mais oblige à surveiller la place quand on stocke beaucoup de BD.
Le premier reproche est le prix. Compté environ 280 €, parfois moins en promotion, la Colorsoft 32 Go coûte nettement plus cher qu’une Paperwhite à environ 210 € pour une seule vraie différence : la couleur. Les tests de presse anglo-saxons, de TechRadar à Engadget, pointent le même reproche, un tarif élevé pour une amélioration limitée en lecture de texte.
La taille de sept pouces constitue la deuxième limite. Les BD franco-belges et les comics américains se lisent, mais les textes deviennent vite petits et le zoom est souvent nécessaire. Pour un usage BD sérieux, un format plus grand est plus confortable, comme l’explique notre guide de la liseuse pour BD. L’écosystème reste enfin fermé : pas d’applications, pas de navigation web digne de ce nom, et toujours pas de lecture native des EPUB protégés.
Le rendu des couleurs, pour finir, ne remplacera jamais une tablette pour les magazines très illustrés ou les documents graphiques. L’encre électronique couleur est une amélioration nette par rapport au noir et blanc, mais elle reste une technologie de compromis.
La Kobo Libra Colour propose un écran couleur de sept pouces, un stylet pour annoter et la prise en charge d’Adobe DRM, ce qui la rend compatible avec les médiathèques. Elle est notre premier choix si la bibliothèque est centrale dans vos usages.
La Kobo Clara Colour, plus compacte avec ses six pouces, offre la couleur à un prix plus doux, autour de 150 €. Son écran est plus petit, mais elle couvre l’essentiel des usages couleur sans le tarif de la Colorsoft.
La Kindle Paperwhite classique reste la bonne réponse pour qui ne lit que du texte. À environ 210 €, elle offre le même confort de lecture pour un budget moindre, comme le détaille notre test de la Paperwhite de douzième génération.
Ceux qui cherchent un grand format peuvent se tourner vers notre test de la Kindle Scribe, la référence d’Amazon pour la prise de notes sur onze pouces.
La Kindle Colorsoft est une bonne liseuse couleur, sans doute la plus aboutie de l’écosystème Kindle. Pour qui lit des BD, des livres illustrés ou des magazines, l’apport de la couleur est réel et l’écran reste confortable. Pour qui lit principalement des romans, l’investissement ne se justifie pas, la Paperwhite fait aussi bien pour moins cher. On regrette l’absence d’Adobe DRM, le format sept pouces un peu juste pour la BD et un tarif encore élevé malgré les promotions régulières.
Pour qui oui : les lecteurs de BD et de livres illustrés qui veulent rester dans l’écosystème Kindle. Pour qui non : les lecteurs de romans, les usagers de médiathèques et ceux qui veulent un grand format.
Oui, mais par conversion. Amazon transforme les EPUB envoyés par e-mail ou via l’application au format Kindle. Les EPUB protégés par Adobe DRM, notamment ceux des médiathèques, ne sont pas pris en charge.
Oui, la certification IPX8 autorise une immersion en eau douce jusqu’à deux mètres pendant une heure d’après la fiche technique. La lecture dans le bain ou près d’une piscine est possible sans risque.
Non. L’écran reste à encre électronique, sans rétroéclairage direct, le confort de lecture est le même que sur une liseuse monochrome. La couleur n’ajoute pas de contrainte particulière pour les yeux.
Compté environ 280 € pour la version 32 Go, avec des promotions régulières sous les 260 €. La déclinaison 16 Go tourne autour de 210 €. Les prix évoluent souvent, ils sont donnés à titre indicatif.
Information à jour au 15 septembre 2026.