La Kobo Elipsa 2E promet de remplacer à la fois votre carnet de notes et votre liseuse en un seul appareil de 10 pouces. Avec son stylet inclus et son format généreux, séduit-elle vraiment ceux qui veulent lire et écrire ? On l’a testée.
La Kobo Elipsa 2E est conçue pour ceux qui veulent à la fois une grande liseuse pour les PDF et les BD, et un carnet numérique pour prendre des notes, sans basculer sur une tablette Android ou un iPad. Son écran de 10,3 pouces utilise la technologie E Ink Carta 1200 en monochrome avec une définition de 1404 × 1872 pixels (227 ppp). La surface de lecture est généreuse : un PDF s’affiche en taille réelle sans avoir à zoomer, ce qui change la vie pour les documents techniques, les articles de recherche ou les partitions musicales.
La liseuse pèse 390 grammes, ce qui est léger pour un écran de 10 pouces, et tient confortablement en main grâce à son design en forme de coin (plus épais à droite). Le stylet Kobo Stylus 2 est inclus dans le pack, ce qui évite un achat supplémentaire. Les formats natifs supportés sont les mêmes que le reste de la gamme Kobo : EPUB, EPUB3, FlePub, PDF, MOBI, JPEG, GIF, PNG, BMP, TIFF, TXT, HTML, RTF, CBZ et CBR. La liseuse gère les DRM Adobe, ce qui permet d’emprunter des livres en médiathèque. Le boîtier est fabriqué à partir de plastiques recyclés et de plastique océanique, un point écoresponsable que Kobo met en avant.
L’écran de 10,3 pouces est agréable pour lire des PDF sans avoir à zoomer ni à faire défiler la page. Les romans au format EPUB s’affichent avec deux colonnes en mode paysage, ce qui donne une sensation proche du livre papier. La définition de 227 ppp est un peu moins dense que les 300 ppp des modèles plus petits (Kobo Clara, Libra), mais pour de la lecture de texte courant, la différence est à peine perceptible — il faut vraiment coller le nez à l’écran pour distinguer les pixels. Le confort de lecture reste bon, avec un très bon contraste et aucun éblouissement.
Le ComfortLight PRO permet de régler la température des couleurs du blanc froid au jaune chaud, et l’intensité lumineuse est ajustable par glissement de doigt. Le mode sombre peut être activé manuellement dans les réglages, mais il n’est pas automatique. L’écran affleure la bordure (flush), ce qui donne un aspect moderne et facilite le nettoyage. En plein soleil, la dalle Carta 1200 accuse une légère perte de contraste par rapport aux modèles Carta 1300 plus récents, mais rien de rédhibitoire pour une utilisation en extérieur.
La prise en main est correcte pour une liseuse de cette taille. Les deux patins en caoutchouc au dos la maintiennent stable sur une table. En revanche, il n’y a pas de boutons de changement de page physiques — tout se fait par effleurement de l’écran. Quand on lit à une main, il faut souvent ajuster sa prise pour tourner la page, ce qui est moins confortable qu’avec les modèles à boutons (Kobo Libra, Sage). Le capteur d’orientation (G-Sensor) fonctionne bien et bascule l’affichage en mode paysage si souhaité.
C’est là que la Kobo Elipsa 2E divise profondément les utilisateurs. L’écriture au stylet est fonctionnelle, mais pas agréable. Kobo a choisi le protocole Microsoft Pen Protocol (MPP 2.0) plutôt que la technologie Wacom EMR utilisée par la plupart des tablettes à encre concurrentes. Cette différence se ressent dès les premiers tracés : le stylet doit être rechargé via USB-C (il tient environ 30 jours selon l’usage), la pointe en plastique conique est large et manque de précision, et la glisse sur la surface lisse de l’écran donne une sensation de patin peu naturelle.
La latence est perceptible : le trait accuse un petit retard par rapport au mouvement du stylet, ce qui déstabilise quand on écrit vite ou qu’on prend des notes en réunion. L’écran effectue un rafraîchissement intermittent qui anti-aliasse les traits existants, une distraction gênante en plein flux d’écriture. Selon des retours d’utilisateurs et plusieurs tests comparatifs, l’expérience est en deçà de ce que proposent des concurrents comme reMarkable 2, Supernote A5X ou même les tablettes Onyx Boox. Le bruit de claquement de la pointe en plastique sur l’écran agace aussi à la longue, surtout dans un environnement silencieux.
Côté logiciel, les fonctionnalités de notes sont correctes sur le papier : plusieurs types de pinceaux (stylo bille, plume, pinceau, surligneur), conversion de l’écriture manuscrite en texte, recherche dans les notes, insertion de formes géométriques, et sauvegarde sur Google Drive ou Dropbox. On peut aussi annoter les PDF directement. Mais l’ensemble manque de la fluidité, de la précision et du raffinement des solutions concurrentes. La conversion en texte fonctionne, mais avec des erreurs sur les lettres mal formées.
La batterie de 2400 mAh offre une autonomie correcte pour une liseuse de 10 pouces : environ 6 à 8 jours en usage mixte lecture et prise de notes, ou 8 à 10 jours en lecture seule. C’est moins que les petites liseuses Kobo (Clara HD, Libra 2), mais c’est dans la moyenne des grandes tablettes à encre de cette taille. La recharge complète via USB-C prend environ 2 heures.
La question de la durabilité physique est plus préoccupante. Plusieurs utilisateurs rapportent que l’écran est fragile et peut se briser dans un sac même sans choc violent. Le service client de Kobo est régulièrement critiqué pour sa lenteur en cas de remplacement sous garantie. L’absence totale de certification IP (la liseuse n’est pas étanche et n’a aucune protection contre la poussière) limite son usage quotidien — il faut une housse de protection pour la transporter sans risque.
Le premier défaut, c’est l’expérience d’écriture décevante pour une liseuse vendue à environ 400 € avec stylet inclus. La latence, le bruit de la pointe, la glisse trop lisse et le stylet à recharger plombent l’expérience — on est très loin du carnet de notes naturel que la marque promet. Pour quelqu’un qui veut principalement écrire, la reMarkable 2 ou la Supernote A5X font beaucoup mieux, pour un prix équivalent ou inférieur.
Deuxième problème : l’absence totale de protection contre l’eau. À ce prix, ne pas proposer une certification IP, même basique, est difficile à justifier quand la Kobo Libra 2 à 180 € est étanche IPX8. Troisième point : l’absence de boutons physiques de changement de page sur un appareil de 10 pouces qu’on utilise pour la lecture est frustrante au quotidien — on repositionne sa main en permanence pour toucher l’écran. Enfin, le logiciel Kobo OS reste limité : pas d’applications Android, pas de Kindle Store, pas de lecteur RSS. On lit ce que l’écosystème Kobo propose.
Si la prise de notes est votre usage principal, la reMarkable 2 (environ 350 €) offre une expérience d’écriture bien supérieure. Pour une liseuse grand format polyvalente, la Kobo Libra 2 (7 pouces, étanche, boutons physiques, environ 180 €) est un excellent compromis pour la lecture seule. Si vous voulez un véritable écosystème applicatif avec accès à toutes les librairies, les Onyx Boox Note Air 4C ou Go Color 7 tournent sous Android et acceptent Kindle, Kobo, Vivlio et toutes les apps de lecture et de notes.
Non, elle n’a aucune certification IP. Il faut l’éloigner de l’eau, de la pluie intense et de toute source d’humidité. C’est une liseuse de bureau ou de salon, pas un appareil d’extérieur.
Oui, le Kobo Stylus 2 est inclus dans le pack, avec 10 pointes de rechange. Il se recharge via USB-C et tient environ 30 jours selon l’utilisation. Pas de pile AAAA à changer comme sur l’ancien modèle.
Pas directement, car le format AZW/KFX de Kindle n’est pas supporté. Mais vous pouvez convertir vos ebooks Kindle au format EPUB via Calibre (après avoir retiré le DRM, ce qui est autorisé pour les livres dont vous êtes propriétaire) et les transférer sur la liseuse.
32 Go, ce qui permet de stocker environ 24 000 ebooks selon les chiffres de Kobo, ou une vaste collection de notes manuscrites. Il n’y a pas de port microSD pour étendre la capacité.
Information à jour au 19/09/2026.