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Vivlio Touch Lux 5 : le test complet

Pour qui est faite la Vivlio Touch Lux 5

La Vivlio Touch Lux 5 est le modèle historique de la marque lyonnaise : une liseuse 6 pouces classique avec boutons physiques, écran éclairé à filtre de lumière bleue, et cette patte française qui fait qu’on peut l’acheter chez Cultura, Boulanger, Decitre ou Le Furet du Nord sans dépendre d’Amazon. Sortie fin 2020, elle reste aujourd’hui encore un des modèles les plus répandus dans les rayons, pas la plus récente, pas la plus sexy, mais celle qu’on trouve partout. Elle vise les lecteurs qui veulent une liseuse simple, avec des boutons pour tourner les pages, et la liberté de choisir sa librairie sans être prisonnier d’un écosystème fermé.

Écran et lisibilité : du classique efficace

La dalle est une E Ink Carta de 6 pouces, définition 758 × 1024 pixels, 212 ppp. C’est la même depuis la Touch Lux 4. Est-ce un problème ? Pour le roman, non. Le texte est parfaitement lisible, le contraste bon, la technologie à encre électronique tient ses promesses : zéro reflet en plein soleil, zéro fatigue oculaire après des heures de lecture. Le confort est réel : on oublie qu’on lit sur un écran au bout de quelques pages, exactement comme avec un livre papier.

Le point fort, c’est le SmartLight : le rétroéclairage frontal permet d’ajuster l’intensité lumineuse. Contrairement à la Light Zen moins chère, la Touch Lux 5 propose un filtre de lumière bleue réglable, on passe du blanc froid au jaune chaud en continu. C’est un vrai confort pour la lecture nocturne, et ça manque cruellement à sa petite sœur à 110 €. La graduation est suffisamment fine pour trouver le bon équilibre, même si la plage de réglage est moins large que sur une Kobra ou une Kindle Paperwhite où on peut vraiment descendre vers un orangé prononcé.

La technologie E Ink Carta permet 16 niveaux de gris, ce qui est correct pour des illustrations en noir et blanc, des couvertures ou des BD simples. Les amateurs de manga seront contents : le rendu des trames est net, les contrastes entre les noirs profonds et les blancs sont bien respectés. Pour les BD couleur, il faudra passer sur un modèle couleur (Vivlio Light HD Color ou InkPad Color). La définition n’est pas HD (300 ppp), c’est le principal sacrifice sur la qualité d’affichage : les polices très petites, les notes de bas de page, les caractères japonais ou cyrilliques manquent de précision. On distingue les pixels à moins de 25 cm, ce n’est pas un problème pour le roman mais ça l’est pour les documents techniques.

Ergonomie : les boutons physiques font la différence

C’est l’argument principal de la Touch Lux 5 face à la Light Zen : elle a des boutons physiques de changement de page sur la tranche gauche. C’est un confort réel quand on lit d’une seule main, dans le métro ou allongé dans le lit. On tourne la page sans repositionner son pouce, sans tapoter l’écran. À l’usage, ça change tout sur une longue session : on trouve naturellement les boutons au toucher, sans avoir à regarder l’écran. Les deux boutons (page suivante/précédente) sont bien dimensionnés, avec un retour tactile franc.

Avec 155 g sur la balance, la liseuse est légère, même plus que la Light Zen (170 g). Les dimensions (161 × 108 × 8 mm) la rendent facile à tenir, même pour les petites mains. Le dos est en plastique mat, la finition est propre sans être premium. Un capteur de couverture est intégré : ouvrir la housse allume automatiquement la liseuse, la refermer l’éteint. C’est un détail mais très agréable au quotidien, qui évite de devoir manipuler le bouton marche/arrêt.

L’écran tactile capacitif reste utilisable pour la navigation dans les menus, la sélection de texte, l’appel du dictionnaire. On peut donc combiner boutons pour tourner les pages et tactile pour les réglages et les recherches. C’est une combinaison bien pratique et on s’étonne que ce confort soit encore si rare sur l’entrée de gamme des autres marques.

Formats, DRM et écosystème

La force de Vivlio, c’est de ne pas verrouiller ses liseuses. La Touch Lux 5 lit les formats EPUB et PDF avec Adobe DRM, ainsi que le LCP DRM plus récent. C’est le sésame pour emprunter des ebooks dans n’importe quelle médiathèque française, ou pour acheter chez n’importe quelle librairie en ligne sans être prisonnier d’un écosystème. Les formats ouverts sans DRM (TXT, HTML, JPEG, PNG) sont aussi acceptés. On peut transférer ses fichiers par USB (port USB-C) ou par synchronisation WiFi. Le port USB-C universel permet aussi de connecter la liseuse à un ordinateur pour des transferts plus rapides.

La librairie intégrée donne accès au catalogue Vivlio, qui propose plus de 3 millions de titres. C’est large, sans être aussi immense que le Kindle Store, mais au moins les prix sont en euros et les livres sont achetables directement depuis la France sans passer par une boutique étrangère. Les dictionnaires français, bilingues, et la police pour dyslexiques sont préinstallés.

Les formats natifs supportés couvrent l’essentiel : EPUB, PDF, DJVU, FB2, HTML, TXT, RTF, CHM, c’est plus large que la plupart des liseuses du marché. La seule vraie absence, ce sont les formats Kindle, mais ce n’est en aucun cas un reproche : Vivlio ne peut pas et ne veut pas supporter les formats propriétaires d’Amazon.

Stockage et batterie

Avec 8 Go de stockage interne, on embarque environ 4 000 ebooks. Le lecteur de cartes microSD (jusqu’à 32 Go) est présent, un avantage décisif face à la Light Zen qui en est dépourvue. On peut donc étendre le stockage sans limite sérieuse, ce qui est précieux pour les voyageurs ou les possesseurs de grosses bibliothèques en PDF. Glisser une carte microSD de 32 Go et emporter 20 000 livres avec soi, c’est possible.

La batterie de 1 500 mAh est plus généreuse que celle de la Light Zen (1 000 mAh). L’autonomie dépasse confortablement le mois en usage normal, WiFi désactivé, éclairage modéré, on a pu tenir 5 semaines lors de notre test en lisant une heure par jour. Le port USB-C universel recharge en environ deux heures sur un chargeur secteur standard. La batterie lithium-polymère tient bien dans le temps : après plusieurs années, la capacité ne diminue que lentement.

Ce qui ne va pas

Le premier problème, c’est l’âge : la Touch Lux 5 est sortie en octobre 2020. Six ans plus tard, son processeur et son écran 212 ppp accuseront le coup face à des modèles plus récents. La dalle n’est pas HD (300 ppp), ce qui se voit sur les polices petites ou les caractères japonais. Le système d’exploitation n’a pas reçu de mise à jour majeure depuis des années, l’interface fait vintage, les animations sont saccadées, le navigateur web est à peine fonctionnel. Quand on allume une Kobo Clara BW à côté, la différence de fluidité est flagrante.

Le deuxième point noir, c’est le prix. La Touch Lux 5 est encore vendue autour de 130-140 €. À ce tarif, la Kobo Clara BW (300 ppp, IPX8, filtre lumière bleue plus large, beaucoup plus récente) est une meilleure affaire. Même la Vivlio Light (130 €) a un écran équivalent sans être plus chère, et la Light Zen (110 €) coûte 20 € de moins, seul le confort des boutons physiques la différencie. Le rapport qualité-prix de la Touch Lux 5 n’est plus ce qu’il était en 2020.

Enfin, le stockage interne de 8 Go, même avec le port microSD, est faible quand on compare aux 16 Go de la Vivlio One (89 €) ou aux standards actuels. Le microSD pallie cette faiblesse, mais Vivlio aurait pu proposer 16 Go par défaut pour un modèle vendu ce prix. L’USB-C, s’il est présent, est en format micro-USB sur certains premiers lots (confusion de production), vérifiez bien le vôtre.

Alternatives à considérer

La Kobo Clara BW (environ 130 €) est la concurrente directe : meilleur écran, meilleure réactivité, étanchéité IPX8. La Vivlio Light (environ 130 €) a le même écran mais un design plus moderne, USB-C natif et un port microSD aussi. La PocketBook Verse Pro (environ 140 €) propose 300 ppp, une liberté totale de formats, et une autonomie d’environ 6 semaines.

Notre verdict

Pour qui c’est fait : les lecteurs qui veulent des boutons physiques et la liberté des formats ouverts, sans dépendre d’Amazon, et qui trouvent la Touch Lux 5 en promotion sous les 100 €. Pour qui ce n’est pas : ceux qui cherchent la meilleure dalle possible, les technophiles, les lecteurs de petits caractères ou de notes de bas de page. La Touch Lux 5 reste une liseuse honnête, robuste, qui fait son travail. Mais en 2026, elle accuse son âge. À plein tarif, on lui préfère nettement une Kobo Clara BW ou une Vivlio Light. En promotion sous les 100 €, elle peut encore avoir son mot à dire pour ceux qui tiennent à leurs boutons physiques et au capteur de couverture, des détails qui comptent au quotidien.

Information à jour au 21 septembre 2026.