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Onyx Boox Palma 2 : une liseuse format smartphone

Une liseuse au format téléphone, avec des boutons physiques pour tourner les pages : voilà l’idée du Boox Palma 2. Le concept déroute autant qu’il intrigue. On a regardé à qui cet objet rend service, et à qui il complique la vie.

À qui s’adresse une liseuse de la taille d’un téléphone

L’appareil mesure 6,13 pouces de diagonale, soit la taille d’un grand smartphone, et pèse 170 grammes. Il tient dans une poche de veste et se tient d’une seule main, ce qu’aucune liseuse de 6 pouces ne fait confortablement. Le public visé est celui qui lit dans les transports, en marchant entre deux rendez-vous, dans une file d’attente.

Le deuxième public, ce sont les lecteurs qui veulent Android dans une liseuse. Le Palma 2 embarque Android 13, donc toutes les applications de lecture, de presse ou de podcast du magasin Google. Pour qui veut une bibliothèque unique mêlant achats, abonnements et emprunts, c’est la souplesse maximale en 170 grammes. Pour situer la machine, notre page des tests de liseuses d’autres marques rassemble les modèles qui jouent dans la même cour.

Écran et lisibilité du Boox Palma 2

La dalle est une Carta 1200 de 824 par 1648 pixels, à 300 points par pouce. Le rendu de texte est net, avec un contraste du même niveau qu’une liseuse 6 pouces de milieu de gamme. On lit sans effort, à condition de ne pas descendre sous une taille de police raisonnable dans une largeur d’écran aussi faible.

La lumière avant est à deux températures, blanc froid et ambre, réglables séparément. La lumière chaude est douce et ne vire pas au orange trop prononcé, ce qui permet de lire au lit sans éclairer toute la pièce. Aucun capteur de lumière ambiante, revanche : les réglages se font à la main, et il faut les refaire entre le métro et le salon.

Le point qui change tout, c’est la technologie de rafraîchissement maison, Boox Super Refresh. Quatre modes se succèdent, du rendu « HD » très net mais lent, jusqu’au mode « Ultrafast » qui rend le défilement presque fluide. En mode rapide, le texte reste lisible, mais le fond se salit et les traces fantômes s’accumulent. On revient vite au mode équilibré pour lire, et on repasse en rapide uniquement pour faire défiler un site ou une application.

Prise en main et ergonomie

La coque est un plastique mat légèrement texturé, agréable au toucher et insensible aux traces de doigts. Deux boutons physiques sur le flanc permettent de tourner les pages, ce qui est un vrai luxe : le pouce reste sur le bord, l’écran ne bouge pas d’un millimètre. C’est le détail qui manque à beaucoup de liseuses tactiles.

Le lecteur d’empreintes est positionné sur le bouton latéral et déverrouille l’appareil d’un effleurement. Il réagit vite, et il est plus pratique qu’un code à quatre chiffres quand on sort l’appareil toutes les cinq minutes. On note aussi un haut-parleur, un micro et une caméra de 16 mégapixels, dont l’utilité en lecture est proche de zéro. La caméra sert surtout à scanner un document, et elle fait le travail sans plus.

L’appareil n’est ni étanche, ni protégé contre la poussière. Pas de lecture dans le bain, donc, et pas de certification de résistance. Un étui devient obligatoire, d’autant qu’aucun rangement pour stylet n’existe sur cette machine, qui n’en accepte pas de toute façon.

Logiciel et écosystème

Le lecteur maison s’appelle NeoReader. Il ouvre nativement l’EPUB, le PDF, le MOBI, le TXT, le HTML, les documents bureautiques et les archives de bande dessinée CBZ et CBR. La gestion des marges, de l’interligne et des polices est complète, et l’appareil accepte d’ajouter ses propres fichiers de police, ce qui reste rare.

Le manque important concerne la protection Adobe. Les fichiers des médiathèques publiques françaises, qui reposent sur ce verrou, ne s’ouvrent pas dans le lecteur maison de Boox. Il faut passer par une application Android tierce compatible, avec un affichage qui n’a plus grand-chose à voir avec celui de NeoReader. Pour un emprunteur régulier, c’est le principal défaut de l’appareil, et il n’est pas visible sur la fiche technique.

Côté boutiques, aucune n’est imposée. On installe l’application de son libraire, ou on copie ses fichiers depuis un ordinateur. La mémoire accepte une carte microSD, ce qui permet d’emporter une bibliothèque entière sans réfléchir. C’est une liberté que ni Amazon ni Kobo n’accordent, et qu’on retrouve sur les grandes liseuses Boox à écran 10 pouces.

Autonomie et stockage

La batterie est annoncée à 3950 mAh par le constructeur. En lecture seule, en mode rafraîchissement doux et sans rétroéclairage appuyé, l’appareil tient largement une semaine pour une heure de lecture quotidienne. En usage mixte, avec quelques applications Android et un mode rapide activé, on tombe plutôt à trois ou quatre jours, ce qui reste correct mais très loin des liseuses classiques.

Le stockage interne est de 128 Go, complétés par le port microSD. Pour un usage de lecture, c’est largement suffisant, et le port carte rend la question du stockage presque théorique. Le processeur octa-core et les 6 Go de mémoire vive évitent les ralentissements qu’on trouvait sur les premières machines Android à encre électronique.

Ce qui ne va pas

Commençons par le plus gênant : l’appareil n’a pas de support natif du verrou Adobe, alors qu’il est vendu en Europe, où les médiathèques l’utilisent massivement. Une liseuse qui se veut universelle et qui bute sur le prêt public, c’est une promesse à moitié tenue.

Ensuite, le prix. Le Palma 2 se négocie le plus souvent entre 250 et 300 euros selon les revendeurs, avec une disponibilité irrégulière en France. À ce tarif, on est au niveau d’une liseuse 7 pouces à stylet, avec un écran de 6,13 pouces en noir et blanc. La comparaison fait mal.

La taille de l’écran, justement. Lire un roman dessus fonctionne, lire une BD ou un PDF technique est une punition : les planches sont minuscules et le zoom oblige à naviguer sans arrêt. Ne comptez pas sur cette machine pour les documents mis en page.

Le mode rapide laisse des traces. Chaque défilement rapide dépose un fond grisâtre qui met quelques secondes à disparaître, et l’effet est franchement visible sur les pages blanches. On accepte ce compromis pour naviguer, pas pour lire.

Il faut ajouter l’absence de garantie confortable en cas d’achat direct chez le fabricant, où les retours sont réputés difficiles, et un logiciel qui demande un vrai temps d’apprentissage : les réglages de rafraîchissement par application ne sont pas à la portée d’un lecteur non technique.

Enfin, l’usage téléphonique est un piège. L’appareil n’est pas conçu pour remplacer un smartphone : il se contente souvent d’une connexion de données, les applications de messagerie s’y affichent sans intérêt, et l’on finit par garder les deux appareils sur soi. Le gain de place n’est alors que théorique, comme le rappelle notre dossier sur la liseuse face à la tablette.

Trois alternatives à regarder avant de commander

Le Palma 2 Pro, annoncé par le constructeur avec un écran couleur Kaleido 3 sur la même diagonale, Android 15, 8 Go de mémoire et 128 Go de stockage, autour de 175 grammes. Il ajoute la couleur et une connexion de données 5G, mais l’écran couleur assombrit nettement le fond, et le prix grimpe encore. Pour lire des romans, l’intérêt est mince. Une Palma 3 figure aussi au catalogue du constructeur, sans prix français officiel à notre date de vérification.

Le Boox Go 6, en format 6 pouces classique, garde Android et les formats ouverts sans la contrainte du petit écran. Moins nomade, mais beaucoup plus confortable pour qui lit chez lui. C’est le choix raisonnable dans la même marque.

Et pour qui n’a pas besoin d’Android, une liseuse fermée mais bien finie reste la meilleure affaire. Une Kobo Clara BW ou une Kindle Paperwhite coûte moins cher, depuis, et ouvre les livres prêtés en médiathèque sans bricolage. On y perd la liberté logicielle, on y gagne des soirées entières. Notre guide pour bien choisir sa liseuse détaille les critères qui comptent vraiment.

Notre verdict

Le Boox Palma 2 est une réussite d’objet et un compromis permanent. Il rend la lecture nomade réellement agréable, ses boutons physiques sont excellents et sa liberté logicielle n’a pas d’équivalent. On le recommande à ceux qui lisent dans les transports et veulent une seule machine ouverte à tous les catalogues.

Pour qui c’est fait : lecteurs nomades, utilisateurs Android assumés, lecteurs de presse et de texte brut. Pour qui ce n’est pas fait : emprunteurs de médiathèque, lecteurs de BD et de PDF, et toute personne qui veut allumer et lire sans régler quoi que ce soit. Dans ce dernier cas, mieux vaut une liseuse 6 pouces plus classique.

Questions fréquentes

Le Boox Palma 2 peut-il remplacer un téléphone ?

Non, et ce n’est pas son terrain. L’affichage à encre électronique rend les applications de messagerie et de vidéo pénibles, et l’appareil n’accueille souvent qu’une carte de données. Il se contente de remplacer le téléphone pendant les moments de lecture.

Peut-on lire les livres empruntés en bibliothèque sur le Palma 2 ?

Pas avec le lecteur du fabricant, qui ignore le verrou Adobe. Il faut installer une application Android compatible et accepter un affichage moins soigné. C’est la limite la plus embêtante de la machine pour un lecteur français.

L’écran couleur du Palma 2 Pro vaut-il le supplément ?

Pour lire des romans, non. La couleur sert aux couvertures, aux magazines et aux annotations, au prix d’un fond plus sombre et d’un prix nettement plus élevé. Le noir et blanc garde l’avantage en lecture longue.

Information à jour au 24 septembre 2026.