Boox a repris sa grande liseuse à stylet et y a mis de la couleur. La Boox Note Air 4C vise deux usages : lire des livres et des documents, puis écrire et annoter au stylet. Le pari est ambitieux, et il se paie sur quelques points précis.
Le profil type, c’est le lecteur qui étudie. Étudiants, enseignants, lecteurs de PDF techniques, de revues et de bandes dessinées. La tablette affiche 10,3 pouces de diagonale, soit la surface d’une page de format proche du A5, format avec lequel on annote un document sans se battre.
Le deuxième profil, c’est celui qui veut un bloc-notes numérique. Stylet fourni, écriture sur écran rugueux, notes exportables en PDF. Pour qui remplit des cahiers chaque mois, la promesse tient. Pour qui veut seulement lire au lit, l’appareil est trop lourd et trop cher, et notre page des tests de liseuses d’autres marques propose des machines mieux taillées pour ça.
La dalle est une Kaleido 3 de 10,3 pouces, en 2480 par 1860 pixels. En noir et blanc, elle offre 300 points par pouce, la densité des meilleures liseuses. En couleur, la densité tombe à 150 points par pouce, ce qui est la limite physique de cette technologie : le filtre coloré posé sur la dalle divise la résolution par deux.
À l’usage, les couleurs sont pastel et l’écart avec un écran de tablette est énorme. On ne regarde pas une photo sur cette machine, on identifie une carte, un graphique, une légende de planche. Boox annonce une amélioration du fond, plus clair que sur la génération précédente, et le gain est réel : lire du texte noir sur fond gris pâle reste confortable.
Les planches de BD et les mangas gagnent énormément à ce filtre. Pour la première fois sur une liseuse 10 pouces, on distingue les cases en couleur sans perdre la qualité du texte. Notre dossier sur le choix d’une liseuse pour la BD explique pourquoi cette taille d’écran change tout.
Le revers, c’est le fantôme. Après un rafraîchissement partiel, les formes précédentes restent visibles quelques secondes. La technologie de rafraîchissement maison, Boox Super Refresh, corrige en partie le problème en affichant plus souvent des rafraîchissements complets, au prix d’un clignotement noir désagréable à haute fréquence.
226 millimètres sur 193, pour 5,8 millimètres d’épaisseur et environ 420 grammes. C’est plus lourd qu’une liseuse 6 pouces, évidemment, et l’appareil se tient à deux mains au bout de vingt minutes de lecture. Le dos légèrement incurvé aide à la préhension, mais on ne le tiendra pas d’une main comme une Kobo.
La finition est sérieuse, avec une coque qui ne craque pas sous la pression, un bord aluminium et des boutons d’alimentation bien détachés. Le stylet est inclus et ne consomme pas de batterie, la couche tactile n’étant pas capacitive pour l’écriture. Il ne se range pas dans la tablette elle-même, sauf à acheter l’étui à rabat prévu pour ça.
L’appareil n’est pas étanche, aucune certification d’indice de protection n’est annoncée. Pas de lecture dans la baignoire, pas d’utilisation sous la pluie. Pour une machine destinée à voyager dans un sac, c’est une réserve qu’il faut avoir en tête.
Le système est Android 13, sans surcouche lourde mais avec les outils maison de Boox. Concrètement, on installe les applications qu’on veut depuis le magasin Google : l’application de son libraire, un lecteur de presse, un outil de prise de notes. Cette ouverture reste l’argument principal de la marque face aux liseuses fermées.
Le lecteur natif ouvre l’EPUB, le PDF, le MOBI, le TXT, le HTML, les documents bureautiques et les archives CBZ et CBR. L’annotation des PDF fonctionne bien, avec surlignage, écriture manuscrite et export en PDF annoté, ce qui est le vrai terrain de jeu de cette tablette.
En revanche, la protection Adobe n’est pas prise en charge dans le lecteur maison. Les livres empruntés en médiathèque, qui utilisent ce verrou, demandent donc une application Android tierce compatible. C’est le même défaut que sur toute la gamme Boox, et il pèse lourd pour un public étudiant qui emprunte régulièrement. Si vous cherchez une liseuse qui gère ce point sans bricolage, une grande liseuse Boox plus ancienne pose exactement la même limite.
La batterie est de 3700 mAh. En lecture seule, sans éclairage et sans écriture, l’appareil tient facilement une semaine pour une heure de lecture quotidienne. Avec l’écriture, l’annotation de PDF et les applications Android, comptez trois à quatre jours, ce qui reste correct pour une tablette de cette taille. Le processeur octa-core et les 6 Go de mémoire vive évitent les blocages lors du passage d’une application à une autre.
Le stockage interne est de 64 Go, dont une partie occupée par le système. Pour des PDF et des EPUB, c’est largement suffisant, l’appareil n’accueillant pas de carte mémoire. Les gros lecteurs qui conservent des scans de manuels devront faire le tri, ou s’appuyer sur un service de stockage en ligne.
Le prix, d’abord. Cette tablette se négocie le plus souvent autour de 450 à 530 euros selon les revendeurs et les périodes, ce qui la place au niveau d’une tablette Android classique bien équipée. À ce tarif, on attend une exécution sans faute, et ce n’est pas le cas partout.
La couleur, ensuite. Elle est utile, jamais flatteuse. Les 150 points par pouce en mode couleur rendent les illustrations granuleuses, et le moindre magazine photographique perd son intérêt. On trouve le compromis acceptable pour des cartes et des schémas, frustrant pour tout le reste.
Le fantôme est le troisième reproche. Il faut régulièrement déclencher un rafraîchissement complet, et cette opération clignote franchement. Sur une page de texte, personne ne le remarque. En feuilletant une bande dessinée, ça devient pénible.
Quatrième point, le poids et l’encombrement. 420 grammes et 5,8 millimètres d’épaisseur, c’est élégant sur un bureau, lourd dans un sac de cours rempli. La tablette ne remplace pas un carnet, elle s’y ajoute, et c’est une addition qui pèse aussi sur le budget.
Cinquième point, le logiciel. Les menus de réglage du rafraîchissement par application, les listes de gestes, la gestion des calques de notes, tout cela demande un vrai temps d’adaptation. Nous n’avons pas trouvé l’expérience intuitive, loin de là, et le support technique de la marque n’a pas la réputation d’être rapide en Europe.
Sixième point, la protection Adobe absente, déjà évoquée. Septième, enfin, la revente : le marché de l’occasion pour ces tablettes reste étroit en France, ce qui limite le coût réel sur trois ans.
La reMarkable Paper Pro mise tout sur l’écriture, avec une dalle couleur plus grande, un stylet remarquable et un système volontairement fermé. Le prix est supérieur et la lecture y est accessoire, mais si l’écriture passe avant la lecture, elle est plus juste.
La Kobo Elipsa 2E reste la référence du bloc-notes à écran noir et blanc chez les liseuses classiques. Moins polyvalente sur les applications, mais plus légère, plus simple et meilleure en lecture pure. Notre test de la Kobo Elipsa 2E détaille ce qu’elle sait faire.
Et la Kobo Libra Colour, en 7 pouces, offre la couleur pour deux fois moins cher, avec les limites d’un écran plus petit. Pour lire des mangas colorisés à la maison, elle suffit. Notre guide sur les liseuses grand format aide à trancher entre les deux approches.
Boox a depuis annoncé une Note Air 5C, très proche sur le papier, avec une dalle de nouvelle génération et un tarif supérieur. Acheter la 4C au rabais n’a donc rien d’absurde si l’écriture manuscrite vous intéresse plus que les derniers réglages.
La Boox Note Air 4C fait bien deux choses difficiles. Elle lit les PDF et les bandes dessinées sur une surface confortable, et elle les annote au stylet avec un naturel qu’aucune liseuse fermée n’égale. Le fond d’écran plus clair change réellement le confort par rapport à la génération précédente.
Pour qui c’est fait : étudiants, chercheurs et professionnels qui annotent des documents tous les jours. Pour qui ce n’est pas fait : lecteurs de romans, personnes qui empruntent en médiathèque, et tous ceux qui veulent une machine qu’on allume sans réfléchir. Dans ces cas, une liseuse 7 pouces classique coûte trois fois moins cher et sert mieux.
Pour lire, annoter et prendre des notes, oui. Pour la vidéo, les photographies et les applications graphiques, non : la dalle couleur est trop lente et trop terne. Les deux appareils restent complémentaires plutôt que concurrents.
Si l’écriture manuscrite et l’annotation de PDF sont votre usage principal, la 4C remplit le contrat et se trouve souvent à prix réduit. La 5C apporte une dalle plus récente, pour un budget supérieur, et les gains en usage quotidien restent modestes.
L’étui à rabat, pour protéger l’écran et ranger le stylet, est le seul achat vraiment utile. Les protections d’écran mates dégradent le rendu et la sensation d’écriture sur ce type de dalle, et nous ne les conseillons pas.
Oui pour les fichiers sans verrou ou simplement tatoués. Pour les livres protégés par Adobe, il faut passer par une application Android tierce, comme sur le reste de la gamme Boox.
Information à jour au 24 septembre 2026.
Une liseuse au format téléphone, avec des boutons physiques pour tourner les pages : voilà l’idée du Boox Palma 2. Le concept déroute autant qu’il intrigue. On a regardé à qui cet objet rend service, et à qui il complique la vie.
L’appareil mesure 6,13 pouces de diagonale, soit la taille d’un grand smartphone, et pèse 170 grammes. Il tient dans une poche de veste et se tient d’une seule main, ce qu’aucune liseuse de 6 pouces ne fait confortablement. Le public visé est celui qui lit dans les transports, en marchant entre deux rendez-vous, dans une file d’attente.
Le deuxième public, ce sont les lecteurs qui veulent Android dans une liseuse. Le Palma 2 embarque Android 13, donc toutes les applications de lecture, de presse ou de podcast du magasin Google. Pour qui veut une bibliothèque unique mêlant achats, abonnements et emprunts, c’est la souplesse maximale en 170 grammes. Pour situer la machine, notre page des tests de liseuses d’autres marques rassemble les modèles qui jouent dans la même cour.
La dalle est une Carta 1200 de 824 par 1648 pixels, à 300 points par pouce. Le rendu de texte est net, avec un contraste du même niveau qu’une liseuse 6 pouces de milieu de gamme. On lit sans effort, à condition de ne pas descendre sous une taille de police raisonnable dans une largeur d’écran aussi faible.
La lumière avant est à deux températures, blanc froid et ambre, réglables séparément. La lumière chaude est douce et ne vire pas au orange trop prononcé, ce qui permet de lire au lit sans éclairer toute la pièce. Aucun capteur de lumière ambiante, revanche : les réglages se font à la main, et il faut les refaire entre le métro et le salon.
Le point qui change tout, c’est la technologie de rafraîchissement maison, Boox Super Refresh. Quatre modes se succèdent, du rendu « HD » très net mais lent, jusqu’au mode « Ultrafast » qui rend le défilement presque fluide. En mode rapide, le texte reste lisible, mais le fond se salit et les traces fantômes s’accumulent. On revient vite au mode équilibré pour lire, et on repasse en rapide uniquement pour faire défiler un site ou une application.
La coque est un plastique mat légèrement texturé, agréable au toucher et insensible aux traces de doigts. Deux boutons physiques sur le flanc permettent de tourner les pages, ce qui est un vrai luxe : le pouce reste sur le bord, l’écran ne bouge pas d’un millimètre. C’est le détail qui manque à beaucoup de liseuses tactiles.
Le lecteur d’empreintes est positionné sur le bouton latéral et déverrouille l’appareil d’un effleurement. Il réagit vite, et il est plus pratique qu’un code à quatre chiffres quand on sort l’appareil toutes les cinq minutes. On note aussi un haut-parleur, un micro et une caméra de 16 mégapixels, dont l’utilité en lecture est proche de zéro. La caméra sert surtout à scanner un document, et elle fait le travail sans plus.
L’appareil n’est ni étanche, ni protégé contre la poussière. Pas de lecture dans le bain, donc, et pas de certification de résistance. Un étui devient obligatoire, d’autant qu’aucun rangement pour stylet n’existe sur cette machine, qui n’en accepte pas de toute façon.
Le lecteur maison s’appelle NeoReader. Il ouvre nativement l’EPUB, le PDF, le MOBI, le TXT, le HTML, les documents bureautiques et les archives de bande dessinée CBZ et CBR. La gestion des marges, de l’interligne et des polices est complète, et l’appareil accepte d’ajouter ses propres fichiers de police, ce qui reste rare.
Le manque important concerne la protection Adobe. Les fichiers des médiathèques publiques françaises, qui reposent sur ce verrou, ne s’ouvrent pas dans le lecteur maison de Boox. Il faut passer par une application Android tierce compatible, avec un affichage qui n’a plus grand-chose à voir avec celui de NeoReader. Pour un emprunteur régulier, c’est le principal défaut de l’appareil, et il n’est pas visible sur la fiche technique.
Côté boutiques, aucune n’est imposée. On installe l’application de son libraire, ou on copie ses fichiers depuis un ordinateur. La mémoire accepte une carte microSD, ce qui permet d’emporter une bibliothèque entière sans réfléchir. C’est une liberté que ni Amazon ni Kobo n’accordent, et qu’on retrouve sur les grandes liseuses Boox à écran 10 pouces.
La batterie est annoncée à 3950 mAh par le constructeur. En lecture seule, en mode rafraîchissement doux et sans rétroéclairage appuyé, l’appareil tient largement une semaine pour une heure de lecture quotidienne. En usage mixte, avec quelques applications Android et un mode rapide activé, on tombe plutôt à trois ou quatre jours, ce qui reste correct mais très loin des liseuses classiques.
Le stockage interne est de 128 Go, complétés par le port microSD. Pour un usage de lecture, c’est largement suffisant, et le port carte rend la question du stockage presque théorique. Le processeur octa-core et les 6 Go de mémoire vive évitent les ralentissements qu’on trouvait sur les premières machines Android à encre électronique.
Commençons par le plus gênant : l’appareil n’a pas de support natif du verrou Adobe, alors qu’il est vendu en Europe, où les médiathèques l’utilisent massivement. Une liseuse qui se veut universelle et qui bute sur le prêt public, c’est une promesse à moitié tenue.
Ensuite, le prix. Le Palma 2 se négocie le plus souvent entre 250 et 300 euros selon les revendeurs, avec une disponibilité irrégulière en France. À ce tarif, on est au niveau d’une liseuse 7 pouces à stylet, avec un écran de 6,13 pouces en noir et blanc. La comparaison fait mal.
La taille de l’écran, justement. Lire un roman dessus fonctionne, lire une BD ou un PDF technique est une punition : les planches sont minuscules et le zoom oblige à naviguer sans arrêt. Ne comptez pas sur cette machine pour les documents mis en page.
Le mode rapide laisse des traces. Chaque défilement rapide dépose un fond grisâtre qui met quelques secondes à disparaître, et l’effet est franchement visible sur les pages blanches. On accepte ce compromis pour naviguer, pas pour lire.
Il faut ajouter l’absence de garantie confortable en cas d’achat direct chez le fabricant, où les retours sont réputés difficiles, et un logiciel qui demande un vrai temps d’apprentissage : les réglages de rafraîchissement par application ne sont pas à la portée d’un lecteur non technique.
Enfin, l’usage téléphonique est un piège. L’appareil n’est pas conçu pour remplacer un smartphone : il se contente souvent d’une connexion de données, les applications de messagerie s’y affichent sans intérêt, et l’on finit par garder les deux appareils sur soi. Le gain de place n’est alors que théorique, comme le rappelle notre dossier sur la liseuse face à la tablette.
Le Palma 2 Pro, annoncé par le constructeur avec un écran couleur Kaleido 3 sur la même diagonale, Android 15, 8 Go de mémoire et 128 Go de stockage, autour de 175 grammes. Il ajoute la couleur et une connexion de données 5G, mais l’écran couleur assombrit nettement le fond, et le prix grimpe encore. Pour lire des romans, l’intérêt est mince. Une Palma 3 figure aussi au catalogue du constructeur, sans prix français officiel à notre date de vérification.
Le Boox Go 6, en format 6 pouces classique, garde Android et les formats ouverts sans la contrainte du petit écran. Moins nomade, mais beaucoup plus confortable pour qui lit chez lui. C’est le choix raisonnable dans la même marque.
Et pour qui n’a pas besoin d’Android, une liseuse fermée mais bien finie reste la meilleure affaire. Une Kobo Clara BW ou une Kindle Paperwhite coûte moins cher, depuis, et ouvre les livres prêtés en médiathèque sans bricolage. On y perd la liberté logicielle, on y gagne des soirées entières. Notre guide pour bien choisir sa liseuse détaille les critères qui comptent vraiment.
Le Boox Palma 2 est une réussite d’objet et un compromis permanent. Il rend la lecture nomade réellement agréable, ses boutons physiques sont excellents et sa liberté logicielle n’a pas d’équivalent. On le recommande à ceux qui lisent dans les transports et veulent une seule machine ouverte à tous les catalogues.
Pour qui c’est fait : lecteurs nomades, utilisateurs Android assumés, lecteurs de presse et de texte brut. Pour qui ce n’est pas fait : emprunteurs de médiathèque, lecteurs de BD et de PDF, et toute personne qui veut allumer et lire sans régler quoi que ce soit. Dans ce dernier cas, mieux vaut une liseuse 6 pouces plus classique.
Non, et ce n’est pas son terrain. L’affichage à encre électronique rend les applications de messagerie et de vidéo pénibles, et l’appareil n’accueille souvent qu’une carte de données. Il se contente de remplacer le téléphone pendant les moments de lecture.
Pas avec le lecteur du fabricant, qui ignore le verrou Adobe. Il faut installer une application Android compatible et accepter un affichage moins soigné. C’est la limite la plus embêtante de la machine pour un lecteur français.
Pour lire des romans, non. La couleur sert aux couvertures, aux magazines et aux annotations, au prix d’un fond plus sombre et d’un prix nettement plus élevé. Le noir et blanc garde l’avantage en lecture longue.
Information à jour au 24 septembre 2026.