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Liseuses Onyx Boox : la gamme décryptée

Acheter une liseuse Boox ne ressemble pas à acheter une Kobo ou une Kindle. On choisit d’abord une taille d’écran, puis un système Android plus ou moins polyvalent, puis la présence d’un stylet. La gamme compte aujourd’hui huit familles d’appareils, du format poche au bloc-notes de dix pouces.

Ce qu’est une liseuse Boox, et à qui elle s’adresse

Boox est la marque grand public du fabricant chinois Onyx International. Tous ses appareils reposent sur le même principe : un écran à encre électronique piloté par Android, avec accès au Google Play Store. Vous installez donc les applications que vous voulez, y compris des lecteurs, des journaux, des services de bibliothèque ou des outils de prise de notes.

Cette ouverture est la vraie différence. Une liseuse classique vous enferme dans un magasin et un format. Une liseuse Boox vous laisse choisir votre application de lecture, ce qui séduit autant qu’elle complique la vie : il faut régler l’affichage, gérer les rafraîchissements d’écran et composer avec une autonomie inférieure à celle d’un appareil fermé.

La cible est plus étroite qu’il n’y paraît. Elle convient à qui lit des PDF techniques, des articles, des mangas, ou veut annoter des documents. Elle convient moins à qui cherche simplement à ouvrir un roman le soir, sans menus ni mises à jour. Notre dossier sur les liseuses d’autres marques montre d’ailleurs que ce clivage se retrouve partout, entre appareils fermés et appareils ouverts.

La gamme Boox en un tableau

Les tailles et les usages se répartissent en quatre blocs. Le tableau ci-dessous résume les critères qui pèsent réellement au moment du choix.

Modèle Écran Couleur Stylet Profil
Go 6 (Gen II) 6 pouces Non Non Lecture nomade
Go 7 et Go Color 7 (Gen II) 7 pouces Option Non BD et presse
Go 10.3 (Gen II) et Lumi 10,3 pouces Non Oui Lecture et notes
Palma 2 Pro et Palma 3 6,13 pouces Non Selon version Format téléphone
Note Air5 C, Note Air6 C, Note Mini C 10,3 et 8,52 pouces Oui Oui Bloc-notes couleur
Picco Format poche Non Non Entrée de gamme

Aucun tarif dans ce tableau, volontairement. Les prix bougent au fil des promos et des taux de change, et les appareils Boox s’achètent souvent hors de France. Nous donnons les montants annoncés par le constructeur dans chaque section, en dollars, ce qui correspond au prix public de la boutique officielle.

Go 6 et Go 7 : le poche et le sept pouces

La famille Go a remplacé les anciens modèles d’entrée et de milieu de gamme. Le Go 6 (Gen II) est annoncé à 199,99 dollars, avec un écran de six pouces et la même logique Android que le reste de la marque. C’est l’appareil le plus proche d’une liseuse classique, dans un format qui tient dans une poche de veste.

Le Go 7 et le Go Color 7 (Gen II) passent à sept pouces, et la version Color utilise une dalle Kaleido 3. Le constructeur met en avant l’accès au Play Store et la compatibilité avec les applications de lecture et de bandes dessinées. Concrètement, sept pouces est le bon compromis pour les mangas et les comics : on lit une page entière sans zoomer sans arrêt, ce qui n’est pas le cas sur un six pouces. Notre test de la Boox Go Color 7 détaille le rendu de cette dalle couleur, plus terne que sur une tablette, et c’est normal.

Le point faible reste identique sur toute la famille. Android consomme, et l’autonomie se compte en jours plutôt qu’en semaines dès qu’on installe des applications. Une liseuse fermée tient trois semaines sur une charge, une Boox utilisée comme une tablette demande une recharge hebdomadaire.

Go 10.3 et Go 10.3 Lumi : le format A5

Le Go 10.3 (Gen II) est annoncé à 419,99 dollars, et sa version Lumi à 449,99 dollars. L’écran de 10,3 pouces en noir et blanc vise deux usages : lire des PDF sans zoomer et écrire au stylet. Le format correspond à peu près à une feuille A5, ce qui rend la prise de notes naturelle pour qui a l’habitude d’un carnet.

C’est la famille la plus intéressante pour les étudiants et les lecteurs de documents techniques. On y annote un cours, on surligne un rapport, on dessine un schéma. La différence entre les deux versions tient à l’écran et à l’éclairage, avec une dalle et une couche tactile plus travaillées sur la Lumi. Pour un usage de lecture pure, la version standard suffit largement et laisse de la marge dans le budget.

Attention au poids et à l’encombrement. Dix pouces, c’est confortable sur un bureau et lourd dans un sac chargé. Si vous lisez surtout au lit, un sept pouces sera plus agréable, un six pouces encore plus.

Palma 2 Pro et Palma 3 : la liseuse en forme de téléphone

La Palma est l’ovni de la marque. Le format est celui d’un smartphone, avec un écran à encre électronique de 6,13 pouces sur la troisième génération. Le Palma 2 Pro est annoncé à 399,99 dollars et le Palma 3 à 339,99 dollars. Le constructeur met en avant un châssis en aluminium anodisé et une coque arrière en fibre de verre au toucher papier, avec un stylet actif sur la nouvelle version.

Pour qui ? Pour ceux qui veulent lire partout, sans tenter de consulter leur téléphone. C’est un appareil qu’on garde dans une poche et qui coupe les notifications, à condition d’accepter Android et ses tentations. Notre test de la Boox Palma 2 avait déjà relevé le principal reproche : le format étroit impose une police petite ou des marges réduites, et la batterie de 3 950 mAh reste dans les standards de la marque, pas au niveau d’une liseuse classique.

Le Palma 3 n’était pas encore disponible en France à la date de notre vérification, et le constructeur ne communique pas de prix européen. Prévoyez donc une importation, avec le risque de douane habituel.

Note Air5 C, Note Air6 C et Note Mini C : les blocs-notes couleur

Voilà la partie chère et la partie la plus récente. Le Note Air5 C en 10,3 pouces à dalle Kaleido 3 est annoncé à 529,99 dollars sous Android 15. Son successeur, le Note Air6 C, a été lancé le 15 septembre 2026 à 579,99 dollars : processeur octa-core gravé en 4 nm, 6 Go de mémoire vive, 64 Go de stockage extensible par microSD, batterie de 3 700 mAh, châssis aluminium de 5,8 millimètres et Android 16. Le constructeur annonce 300 ppp en noir et blanc et 150 ppp en couleur, avec un stylet Pen3 sensible à 4 096 niveaux de pression.

Le Note Mini C vise le même usage dans un format plus transportable, avec un écran de 8,52 pouces, une batterie de 3 150 mAh et un processeur octa-core. Il est annoncé au même tarif que le Note Air6 C, à 579,99 dollars, mais n’était pas encore commercialisé à la date de notre vérification.

Ces deux appareils sont les plus aboutis de la marque sur le plan matériel. Nous avons testé la génération précédente, et notre avis sur la Boox Note Air 5C expliquait déjà où le bât blesse : la couleur Kaleido est utile pour surligner et pour les couvertures, mais elle ne remplace pas un écran de tablette, avec des teintes délavées et un contraste global plus faible.

La même logique s’appliquait au Boox Note Air 4C, que nous avions pris en main avant de le comparer aux liseuses noir et blanc de la marque. Sur ces modèles, l’écart de prix avec une liseuse classique se paie en polyvalence, pas en confort de lecture.

Picco : le petit nouveau à surveiller

Onyx a dévoilé le Picco à 109,99 dollars, présenté comme le premier appareil d’une nouvelle lignée plus compacte. Au moment de notre vérification, la fiche produit oscillait entre rupture de stock et disponibilité prochaine selon les relevés, avec très peu d’informations techniques publiées. Impossible donc de le recommander à ce stade. Nous le mentionnons parce qu’il signale une intention : occuper l’entrée de gamme, là où la marque était absente.

Les critères qui changent vraiment la donne

Le premier critère est la taille de l’écran, avant la couleur et avant la puissance. Six pouces pour les romans et la mobilité, sept pouces pour les BD, dix pouces pour les PDF et les notes. Aucune option technique ne rattrape un mauvais choix de format, et c’est l’erreur la plus fréquente chez ceux qui découvrent la marque.

Le deuxième est la couleur. Le procédé d’affichage reproduit des teintes pastel, lisibles mais peu saturées, avec un contraste en baisse sur le texte. C’est acceptable pour des planches, des magazines ou des surlignages, décevant pour qui attend le rendu d’une tablette. La couleur coûte cher et se paie aussi en netteté apparente.

Le troisième est le stylet. Il change complètement l’usage : sans lui, un Note Air devient une grande liseuse. Le constructeur livre son Pen3 avec les modèles Note, ce qui évite un achat séparé, mais le confort d’écriture dépend de la reconnaissance de pression et de la latence, deux domaines où la marque progresse sans encore égaler les meilleurs blocs-notes dédiés.

Le quatrième est la version d’Android et le suivi des mises à jour. Android 16 sur les modèles 2026 signifie des applications compatibles plus longtemps. Sur les modèles plus anciens, certaines applications finiront par refuser de s’installer, faute de version système suffisante. C’est l’argument le plus solide pour payer un peu plus cher au départ.

Le cinquième critère concerne les emprunts en médiathèque. Le DRM Adobe n’est pas mis en avant dans les fiches produit de la marque, contrairement aux liseuses Kobo ou PocketBook. Si vous empruntez des livres numériques en bibliothèque, vérifiez ce point avant l’achat auprès du vendeur, ou passez par une application compatible installée depuis le Play Store.

Quel modèle selon votre usage

Si vous lisez des romans et que vous cherchez la mobilité, le Go 6 (Gen II) est le choix rationnel. Il fait le travail d’une liseuse classique avec l’accès au Play Store en plus, pour un tarif annoncé sous les 200 dollars.

Si vous lisez des bandes dessinées, des mangas ou des magazines, le Go Color 7 (Gen II) est plus pertinent que le Go 7, malgré des couleurs douces. Sept pouces reste le seuil à ne pas franchir vers le bas pour ce type de contenu.

Si vous lisez des PDF, si vous annotez des documents ou si vous suivez des cours, le Go 10.3 (Gen II) offre le meilleur rapport entre surface et prix. Sa version Lumi se justifie surtout si l’éclairage et la qualité de dalle comptent plus que le budget.

Si vous voulez écrire et dessiner en couleur, il faut monter au Note Air6 C ou au Note Mini C. Vous payez l’écran couleur, le stylet et Android 16, avec une autonomie qui ne tiendra pas une semaine en usage intensif.

Si vous cherchez un appareil de poche pour remplacer le téléphone pendant vos lectures, le Palma 3 est la proposition la plus aboutie sur le papier, avec la réserve de sa disponibilité en France et de son prix à l’import.

Notre recommandation

Pour un lecteur français qui veut une liseuse, et non une tablette, nous choisissons le Go 6 (Gen II). C’est l’appareil de la gamme où le compromis tient debout : format lisible d’une main, Android pour aller chercher les applications absentes des magasins fermés, et un tarif qui reste sous la barre des 200 dollars annoncés. Il ne fait pas tout, il ne prétend pas remplacer un bloc-notes.

Pour qui doit écrire et lire du PDF, la réponse change : le Go 10.3 (Gen II) ou, si le budget suit, un Note Air6 C avec Android 16 et son stylet fourni. Les deux familles Palma et Note Air6 C coûtent sensiblement plus cher, essentiellement pour du confort d’usage supplémentaire. Ce supplément se justifie seulement si vous savez déjà que vous utiliserez le stylet toutes les semaines.

Information à jour au 27 septembre 2026.

Questions fréquentes

Une liseuse Boox peut-elle remplacer une tablette ?

Non, et mieux vaut le savoir avant d’acheter. L’écran à encre électronique reste lent pour la vidéo et les jeux, affiche peu de couleurs et demande des rafraîchissements réguliers pour éviter les images fantômes. C’est un excellent appareil de lecture et d’écriture, pas un substitut de tablette pour consulter des vidéos ou naviguer sur des sites lourds.

Les liseuses Boox sont-elles compatibles avec les prêts de médiathèque ?

Le constructeur ne met pas en avant la prise en charge du DRM Adobe dans ses fiches produit, contrairement à Kobo ou PocketBook. La prudence s’impose si vous empruntez régulièrement des livres numériques en bibliothèque. Demandez la confirmation au vendeur, ou vérifiez qu’une application de lecture compatible fonctionne sur la version d’Android de l’appareil.

Quelle autonomie attendre d’une liseuse Boox ?

Comptez quelques jours en usage actif et une à deux semaines en lecture quotidienne, selon le modèle et les applications installées. Android consomme davantage qu’un système fermé, et la couleur aggrave la note. Une liseuse Kobo ou Kindle tient plus longtemps, c’est le prix de la polyvalence.