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Boox Note Air 5C : ce que change la nouvelle dalle

Onyx renouvelle sa tablette de 10,3 pouces en couleur. Le Boox Note Air 5C reprend le même écran Kaleido 3 que le modèle précédent, mais change de processeur, de stylet et passe à Android 15. On a comparé les deux fiches techniques pour voir ce qui se ressent vraiment à l’usage.

La réponse tient en une phrase. La dalle bouge très peu, la partie logicielle et le stylet progressent plus nettement. Autrement dit, le changement de génération se joue ailleurs que là où le constructeur met l’accent.

Pour qui cette tablette est faite

Le Boox Note Air 5C vise trois publics assez différents. D’abord ceux qui lisent des BD, des mangas ou des PDF techniques et qui veulent de la couleur sans revenir à un écran LCD. Ensuite les preneurs de notes qui écrivent chaque jour et cherchent un cahier numérique sauvegardé dans le cloud. Enfin les lecteurs qui veulent installer des applications Android, ce qu’aucune liseuse Kindle ou Kobo ne permet.

Si votre usage se limite à dévorer des romans, la tablette est surdimensionnée. Une liseuse de 7 pouces coûte beaucoup moins cher et pèse deux fois moins lourd. Découvrez les autres appareils du fabricant dans nos tests de liseuses d’autres marques, la catégorie qui rassemble Boox, PocketBook et les marques moins connues.

Écran et lisibilité

La fiche technique annonce une dalle Kaleido 3 de 10,3 pouces, capable d’afficher 4 096 couleurs. En noir et blanc, la définition grimpe à 2 480 x 1 860 pixels pour 300 points par pouce. En couleur, elle tombe à 1 240 x 930 pixels, soit 150 points par pouce. Cet écart de densité explique à lui seul la moitié des déceptions des acheteurs.

Sur du texte, l’écran tient la comparaison avec les meilleures liseuses monochromes. Le grain est fin, la police reste nette, et l’absence de scintillement se remarque tout de suite après une journée passée sur un ordinateur. Sur une planche de BD en couleur, c’est une autre histoire. Le filtre coloré posé au-dessus de l’encre électronique atténue les teintes et assombrit le fond.

Le rétroéclairage est réglable en température, ce qui permet de basculer vers une lumière chaude le soir. Il faut en revanche monter assez haut la luminosité pour que les couleurs sortent vraiment, et cette consommation se retrouve dans l’autonomie. À l’ombre ou sous une lampe faible, l’écran couleur d’une Boox reste plus terne que l’écran d’une tablette classique. C’est une contrainte de la technologie, pas un défaut de fabrication.

Boox Note Air 5C : ce que change la dalle

Le constructeur communique sur une nouvelle dalle. Dans les faits, la référence technologique reste la Kaleido 3, la même génération que celle du Note Air 4C. Les 4 096 couleurs, la définition en noir et blanc et la définition en couleur sont identiques d’une génération à l’autre. On ne passe donc pas d’un écran ancien à un écran neuf.

Ce qui évolue, d’après les premiers essais publiés, concerne l’éclairage et le rendu perçu. Le rétroéclairage frontal est décrit comme plus homogène, avec moins de zones plus sombres sur les bords. Le contraste annoncé progresse légèrement, et le rafraîchissement des pages gagne en douceur. Ces trois points se voient à l’usage, surtout en lecture longue et sur les changements de page rapides.

Notre réserve porte sur la formulation. Parler de nouvelle dalle pour une évolution d’éclairage et de traitement logiciel laisse croire à un bond technologique qui n’a pas eu lieu. Si vous attendiez une rupture sur la colorimétrie, elle n’est pas là.

Prise en main et ergonomie

La tablette mesure 225 mm sur 192 mm pour 5,8 mm d’épaisseur, et pèse environ 440 grammes d’après la fiche technique. C’est presque le double d’une liseuse de 7 pouces. Tenue à une main pendant une heure, la différence se sent dans le poignet. Posée sur un bureau ou calée sur les genoux, elle ne pose plus aucun problème.

Le dos est plat et la vitre affleure, sans rebord qui accroche. Le stylet Pen3 reconnaît 4 096 niveaux de pression et range des mines de rechange dans son capuchon, un détail qui évite de chercher une pointe dans un tiroir. La sensation d’écriture reste celle d’une vitre, plus lisse que le verre dépoli d’une reMarkable. Ceux qui écrivent beaucoup le remarquent dès les premières lignes.

Un point à vérifier avant l’achat, la tablette n’annonce aucune étanchéité. Ni IPX7, ni IPX8. Une liseuse Kobo ou Kindle se baigne sans crainte, pas cette Boox.

Logiciel, formats et DRM

Le système tourne sous Android 15 avec accès complet au Play Store. C’est ce qui distingue une Boox d’une liseuse fermée. Vous installez l’application de votre choix, y compris des applications de lecture non prévues par le fabricant.

En natif, le lecteur NeoReader ouvre l’EPUB, le PDF, le MOBI, l’AZW3, le TXT, le DOC et le DOCX, le FB2 et le HTML, plus le CBR et le CBZ pour les BD. Vous pouvez donc déposer vos fichiers par câble ou par carte microSD sans passer par une boutique.

Le point qui bloque le plus de lecteurs français concerne la location en médiathèque. NeoReader ne lit pas les fichiers ACSM, c’est-à-dire les livres protégés par le DRM Adobe utilisés par le prêt numérique en bibliothèque. Il faut passer par l’application Adobe Digital Editions, disponible sur le Play Store, pour télécharger puis ouvrir le livre. La manipulation fonctionne, mais elle est nettement moins fluide que sur une Kobo ou une Vivlio, où l’identifiant Adobe se saisit une seule fois dans les réglages. Si vous empruntez régulièrement en médiathèque, ce détail pèse lourd dans la décision.

Autonomie et stockage

La batterie annoncée est de 3 700 mAh. Les estimations d’autonomie varient énormément selon l’usage. En lecture de texte avec un rétroéclairage modéré, on tient plusieurs semaines. En couleur, avec la luminosité haute et des applications Android en arrière-plan, on descend à quelques jours. Ce n’est pas un défaut de conception, c’est la contrepartie d’un système ouvert.

Le stockage interne atteint 64 Go, complétés par 6 Go de mémoire vive. Une carte microSD peut ajouter jusqu’à 2 To, ce qui laisse de la place pour des milliers de BD scannées sans jamais gérer d’espace.

Ce qui ne va pas

Le prix d’abord. Une tablette de ce type se situe dans le haut du marché des liseuses, largement au-dessus d’une Kobo Libra Colour ou d’une Kindle Colorsoft pourtant colorées elles aussi. Vous payez l’écran de 10,3 pouces, Android et le stylet. Si vous n’utilisez aucun des trois, la dépense ne se justifie pas.

Le poids ensuite. 440 grammes, c’est plus lourd qu’un livre de poche épais et bien plus qu’une liseuse de 7 pouces. Pour lire allongé, on cherche vite un support. C’est le revers du grand écran, mais le constructeur ne fait aucun effort pour l’alléger d’une génération à l’autre.

La couleur enfin, et c’est la critique la plus sérieuse. Le rendu coloré reste pastel, un peu délavé, et il faut monter la luminosité pour obtenir quelque chose de lisible en intérieur. Sur une planche de BD très contrastée, les aplats foncés se rapprochent et perdent en détail. Les amateurs de comics qui attendent le rendu d’une tablette seront déçus, comme ils le sont déjà avec toutes les dalles Kaleido 3 du marché.

On ajoute un dernier reproche, l’absence totale d’étanchéité. À ce niveau de prix, ne pas pouvoir lire au bain ou au bord d’une piscine est difficile à accepter quand des liseuses trois fois moins chères le proposent.

Trois alternatives à regarder

La Kindle Scribe reste la concurrente la plus directe pour la prise de notes, avec un écran de 10,2 pouces et un stylet inclus. Elle est monochrome, plus fermée, mais l’intégration avec la boutique Kindle est bien meilleure.

La Kobo Elipsa 2E joue la même carte du grand écran à stylet, en 10,3 pouces et en noir et blanc. Son gros avantage tient à la gestion native du DRM Adobe, donc au prêt en médiathèque sans application supplémentaire.

La reMarkable Paper Pro vise uniquement l’écriture et la lecture de documents, sans boutique ni applications. Elle coûte plus cher encore, mais sa sensation de papier n’a pas d’équivalent. Si vous hésitez entre les deux approches, notre test du Note Air 4C et celui du Boox Palma 2 montrent bien les deux extrémités de la gamme du fabricant.

Pour situer la marque dans l’ensemble du marché, le guide comment bien choisir sa liseuse reste la meilleure porte d’entrée, et liseuse grand format détaille les contraintes des écrans de plus de 10 pouces.

Notre verdict

Notre verdict. Le Boox Note Air 5C est une bonne tablette, pas une bonne affaire pour tout le monde. Pour qui c’est fait : ceux qui veulent lire des PDF et des BD en couleur, annoter des documents et installer des applications Android sur un même appareil, avec un grand écran confortable au bureau. Pour qui ce n’est pas fait : les lecteurs de romans, les familles qui empruntent en médiathèque, et tous ceux qui lisent au lit ou dans le bain. Le prix et les 440 grammes se paient tous les jours, la polyvalence ne se paie qu’une fois.

Questions fréquentes

La couleur du Boox Note Air 5C suffit-elle pour lire des BD ?

Pour des mangas et des BD au trait clair, oui. Pour des comics sombres ou des albums photo, non. La définition couleur de 150 points par pouce et le filtre coloré atténuent les détails dans les zones foncées. La lecture reste possible, l’expérience reste en retrait d’une tablette classique.

Peut-on emprunter des livres en médiathèque avec cette tablette ?

Oui, mais indirectement. Le lecteur natif ne gère pas les fichiers ACSM du prêt numérique. Il faut installer Adobe Digital Editions depuis le Play Store, y saisir son identifiant Adobe, puis télécharger le livre. L’opération fonctionne, elle demande juste une application de plus.

Le Note Air 5C est-il étanche ?

Non. Le constructeur n’annonce aucune certification d’étanchéité sur cette tablette. À comparer avec les liseuses Kobo et Kindle, dont plusieurs modèles vont jusqu’à l’indice IPX8 et supportent une immersion courte. La lecture au bain est donc exclue.

Faut-il passer du Note Air 4C au Note Air 5C ?

Pas pour l’écran, puisque la génération de dalle ne change pas. Le passage se justifie si vous voulez Android 15 et le nouveau stylet. Pour tout le reste, l’ancien modèle fait le même travail, souvent à un prix plus doux. Voir notre test du Note Air 4C.

*Information à jour au 25 septembre 2026.*

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