Une liseuse couleur de 7 pouces qui pèse moins de 200 grammes, cela n’existe pas chez Kindle ni chez Kobo. L’Onyx Boox Go Color 7 occupe ce créneau, avec un écran Kaleido 3 et une ouverture complète aux applications Android. On a regardé ce qu’il fait mieux que ses concurrentes, et ce qu’il fait moins bien.
Son vrai argument n’est pas la couleur. C’est la liberté logicielle. Sa vraie faiblesse n’est pas la couleur non plus, c’est la simplicité d’usage.
L’Onyx Boox Go Color 7 s’adresse à trois profils. Ceux qui lisent des mangas et des BD et veulent de la couleur dans un format de poche. Ceux qui veulent retrouver leurs applications de lecture habituelles sur un écran d’encre électronique. Et ceux qui empruntent ou achètent leurs livres chez plusieurs fournisseurs et refusent d’être enfermés dans une boutique unique.
Pour un lecteur de romans qui ne quitte jamais la boutique Kindle, l’intérêt est faible. Vous payez de la polyvalence dont vous n’avez pas besoin. Retrouvez les autres appareils de la marque dans nos tests de liseuses d’autres marques.
L’écran est un Kaleido 3 de 7 pouces. En noir et blanc, la définition atteint 300 points par pouce, comme sur une Kindle Paperwhite. En couleur, elle tombe à 150 points par pouce, avec 4 096 teintes affichables. La fiche technique parle de couleurs douces, et le mot est bien choisi.
Sur du texte, rien à redire. Les lettres sont nettes, le fond clair et le rendu très proche d’une liseuse monochrome haut de gamme. Sur une couverture, un plan de ville ou une planche de manga, la couleur apparaît mais reste pastel, un peu délavée. En lumière naturelle, le résultat est correct. En intérieur le soir, il faut pousser le rétroéclairage pour que les teintes existent vraiment.
Le rétroéclairage frontal est réglable en intensité et en température, donc lisible en lumière chaude avant de dormir. La taille de 7 pouces reste le meilleur compromis entre une page de roman confortable et un appareil qui tient dans une poche de veste.
C’est là que l’Onyx Boox Go Color 7 marque des points. Le poids annoncé est d’environ 195 grammes, soit le niveau d’une Kindle Paperwhite, avec un écran plus grand que celui d’une Clara BW. L’épaisseur tourne autour de 6,4 mm. Le design est asymétrique, avec une bande plus large d’un côté pour la prise en main, ce qui rappelle la Kobo Libra.
Deux boutons physiques servent à tourner les pages. Après une semaine d’usage, on ne revient pas au balayage de l’écran. Il faut dire que ce geste évite de toucher l’écran et donc de salir la dalle. Le capteur de rotation bascule l’affichage automatiquement quand on change de main, ce qui fonctionne bien.
Un point à connaître avant l’achat. Le constructeur parle d’une conception résistante aux éclaboussures, sans annoncer d’indice IPX. Ce n’est pas la même chose qu’une Kobo Libra Colour ou une Kindle Paperwhite, toutes deux données pour IPX8. Pour la lecture dans le bain, cherchez ailleurs.
La liseuse tourne sous Android avec le Play Store intégré. Les modèles les plus récents passent à Android 13, la première version du Go Color 7 était livrée avec une version plus ancienne du système. Vous installez donc l’application que vous voulez, ce qu’aucune liseuse Kindle ou Kobo ne permet.
En natif, le lecteur NeoReader ouvre l’EPUB, le PDF, le MOBI, l’AZW3, le TXT, le DOC et le DOCX, le FB2, le HTML, et le CBR comme le CBZ pour les albums. La lecture à voix haute intégrée prend en charge le texte, sans abonnement à ajouter.
La location en médiathèque demande en revanche une étape supplémentaire. NeoReader ne gère pas les fichiers ACSM protégés par le DRM Adobe utilisés par le prêt numérique en bibliothèque. Il faut installer Adobe Digital Editions depuis le Play Store et y saisir son identifiant Adobe. Cela fonctionne, mais une Kobo ou une Vivlio fait le même travail sans application intermédiaire. Si l’emprunt en bibliothèque est votre mode principal d’approvisionnement, c’est un argument qui pèse.
La batterie annoncée est de 2 300 mAh. En lecture de texte avec un rétroéclairage modéré, on tient facilement une à deux semaines selon les réglages et le mode d’affichage. En couleur, avec la luminosité haute et des applications tierces qui tournent en arrière-plan, l’autonomie descend de plusieurs jours. C’est la contrepartie d’Android.
Le stockage interne est de 64 Go, complété par 4 Go de mémoire vive et un port microSD. Vous pouvez donc embarquer une bibliothèque entière de BD sans jamais faire le ménage. Une liseuse Kindle ou Kobo n’offre pas cette possibilité.
L’ergonomie logicielle d’abord. Un système Android ouvert signifie des réglages partout. Chaque application a ses propres paramètres d’affichage, de rafraîchissement et de contraste, et il faut les ajuster une par une. Les retours d’utilisateurs publiés sur les forums parlent régulièrement d’une semaine nécessaire avant de trouver ses marques. Une liseuse Kindle se configure en dix minutes.
Les rémanences ensuite. Ce phénomène de traces fantômes est courant sur l’encre électronique, mais il est plus visible dès qu’on quitte la lecture de texte pour du défilement ou des applications. Vous pouvez programmer un rafraîchissement complet sur les boutons physiques, ce qui corrige le problème en échange d’un clignotement de l’écran. Sur une bande dessinée, on appuie souvent.
La couleur couleur reste la critique principale. Le rendu est pastel, les images colorées perdent en saturation et demandent de la lumière pour être vraiment lisibles. Les lecteurs de comics qui espèrent le rendu d’une tablette seront déçus, exactement comme avec les autres dalles Kaleido 3 du marché.
On ajoute le stylet. Les versions récentes acceptent un stylet actif, utile pour prendre une note rapide, mais l’expérience reste loin d’une tablette dédiée à l’écriture. Les tests publiés sont clairs sur ce point, l’annotation est un bonus, pas une fonction principale.
La Kobo Libra Colour reste la concurrente la plus évidente. Même diagonale, mêmes boutons physiques, une étanchéité IPX8 et une autonomie supérieure. Elle est monochrome dans le texte, colorée en couleur, et son système fermé est beaucoup plus simple à vivre.
La Kindle Colorsoft vise le même usage avec l’écosystème Amazon. Elle ne lit pas l’EPUB par transfert direct et n’ouvre pas d’applications, en échange d’une expérience plus fluide et d’un meilleur rétroéclairage.
Pour qui veut du très léger avec un écran monochrome plus net, le Boox Palma 2 adopte un format smartphone. Et si vous cherchez un grand écran plutôt qu’une liseuse de poche, le Boox Note Air 4C joue la carte des 10,3 pouces avec stylet.
Pour situer ces modèles dans l’ensemble du marché coloré, le guide quelle liseuse pour la BD reste la référence la plus utile.
Notre verdict. L’Onyx Boox Go Color 7 est la liseuse couleur la plus libre du marché, et sans doute pas la plus agréable à utiliser. Pour qui c’est fait : les lecteurs de mangas et de BD qui veulent un format poche, ceux qui installent plusieurs applications de lecture et ceux qui détestent être enfermés dans une boutique. Pour qui ce n’est pas fait : les lecteurs de romans, ceux qui empruntent en médiathèque et ceux qui veulent une liseuse qu’on configure une fois pour toutes. Dans ce dernier cas, une Kobo Libra Colour coûte moins cher et demande beaucoup moins d’efforts.
Le constructeur annonce une conception résistante aux éclaboussures, sans indice IPX. Une Kobo Libra Colour et une Kindle Paperwhite sont, elles, données pour IPX8 et supportent une immersion courte. Pour lire dans le bain, la Boox n’est pas le bon choix.
Oui, et c’est même son meilleur usage. Le format de poche convient aux pages de manga, la couleur aide à suivre les planches et les boutons physiques évitent de toucher l’écran. Les teintes restent pastel, sans le rendu vif d’une tablette classique.
Pas obligatoirement, mais c’est un vrai avantage. Les 64 Go internes suffisent largement pour des milliers de romans. Ceux qui stockent des BD scannées ou des PDF volumineux apprécieront la carte, une possibilité qu’aucune liseuse Kindle ou Kobo ne propose.
La version la plus récente, sans hésiter. Elle tourne sous Android 13, accepte un stylet actif et corrige une partie des réglages d’affichage. La première génération reste utilisable, surtout d’occasion, mais elle ne bénéficiera pas du même suivi.
*Information à jour au 25 septembre 2026.*