La PocketBook Verse Pro promet le confort d’un six pouces haut de gamme, avec étanchéité, lumière réglable et compatibilité bibliothèque. À environ 180 euros, elle vise les Kobo Clara et les Vivlio Light. Encore faut-il aimer ses boutons placés sous l’écran.
Le format six pouces s’adresse à un usage précis. Des romans, du texte courant, une lecture au lit ou dans les transports, une liseuse qui tient dans une poche de veste. La Verse Pro coche toutes ces cases avec une dimension supplémentaire : l’ouverture aux fichiers et aux prêts de bibliothèque.
Elle conviendra au lecteur qui emprunte régulièrement en médiathèque, qui veut écouter un livre audio de temps en temps et qui refuse de dépendre d’un seul magasin. Elle conviendra moins à qui lit des bandes dessinées, des manuels ou des PDF, le format d’écran étant trop juste.
Pour situer ce modèle face au reste de la production, notre ensemble de tests de liseuses d’autres marques passe en revue les appareils que nous avons eus en main, du six pouces compact au dix pouces orienté écriture.
Le constructeur annonce une dalle E Ink Carta de six pouces, en 1072 par 1448 pixels, soit 300 ppp. C’est la même densité que sur une Kindle Paperwhite ou une Kobo Clara, et le texte est parfaitement net aux tailles de police intermédiaires.
La surface est antireflet et mate, comme toujours sur de l’encre électronique. En plein soleil, la lisibilité reste totale. C’est un avantage que les tablettes ne rattrapent pas, même avec un écran très lumineux.
Le rétroéclairage s’appelle SMARTlight chez PocketBook. Il combine réglage d’intensité et de température de couleur, du blanc froid au chaud orangé, et propose un mode automatique. D’après le constructeur, ce mode automatique suit l’heure de la journée, et non la luminosité de la pièce. Aucun capteur de lumière ambiante n’est mentionné dans la fiche technique, ce qui se remarque quand on change de pièce en cours de soirée.
Le mode sombre inverse l’affichage, fond noir et texte blanc. Certains lecteurs y trouvent un confort en lecture nocturne, d’autres le trouvent plus fatigant. Il est là, à vous de juger à l’usage.
La finesse de 300 ppp reste le bon critère de choix d’une liseuse, et notre guide pour bien choisir sa liseuse explique pourquoi cette valeur pèse davantage que le nombre de fonctions annoncées.
Les dimensions annoncées sont de 108 millimètres sur 156, pour 7,6 millimètres d’épaisseur et 186 grammes. C’est plus léger qu’un livre de poche et moins lourd que la plupart des six pouces concurrents. Tenue à une main, la liseuse ne fatigue pas sur une longue session.
La coque est en plastique, les finitions sont correctes sans être luxueuses. Les coloris proposés, bleu Azure et rouge Passion, tranchent avec le noir habituel des liseuses.
Le choix ergonomique qui interroge, c’est l’emplacement des boutons physiques. Ils sont alignés sous l’écran, et non sur une tranche latérale comme sur la PocketBook Era. Pour tourner une page, le pouce doit donc quitter le bord de l’appareil et se déplacer vers le bas. Sur les modèles à poignée latérale, ce geste reste sur place. Nous préférons nettement la seconde solution pour la lecture allongée.
La rotation automatique de l’écran est présente, tout comme la fonction de fermeture de housse sur le bouton d’allumage. Le port de charge est un USB-C, et il n’y a pas de stylet ni de prise de notes manuscrites.
L’étanchéité est certifiée IPX8, avec une immersion annoncée jusqu’à deux mètres pendant une heure. La baignoire et le bord de piscine sont donc couverts, à condition de refermer le cache du port USB.
La compatibilité est le point fort de la marque, et la Verse Pro ne fait pas exception. Le constructeur annonce 25 formats pris en charge sans conversion, dont l’EPUB, le PDF, le MOBI, l’AZW3, le FB2, le CBR, le DJVU, l’ACSM, le DOC ou le TXT, plus les images JPEG, PNG et TIFF.
La compatibilité Adobe DRM est annoncée explicitement, ce qui permet d’ouvrir les livres empruntés dans les bibliothèques publiques françaises. C’est le critère numéro un pour beaucoup de lecteurs, et il élimine d’office une bonne partie des liseuses du marché, y compris celles de la marque au sourire.
La boutique intégrée reste le point faible. PocketBook gère sa propre plateforme, avec un catalogue francophone moins garni qu’une Kobo ou une Vivlio, et une interface commerciale qui a vieilli. En France, la marque est distribuée par Vivlio, laquelle équipe certains modèles PocketBook de sa propre librairie. Aucune de ces liseuses n’est vendue en rayon, l’achat se fait en ligne.
Le reste de l’écosystème est bien fourni. Le PocketBook Cloud synchronise la bibliothèque entre la liseuse et l’application mobile. Send-to-PocketBook envoie un fichier vers l’appareil par e-mail, Dropbox est intégré, et les dictionnaires préinstallés couvrent onze combinaisons de langues, avec 42 autres téléchargeables gratuitement.
L’audio est intégré comme sur les autres modèles de la marque : six formats de livres audio, Bluetooth, et une synthèse vocale capable de lire n’importe quel texte dans 26 langues. Il n’y a pas de haut-parleur sur la Verse Pro, seulement le Bluetooth. Notre dossier livre audio détaille ce qui fonctionne le mieux avec ce type d’appareil.
Le constructeur annonce jusqu’à un mois de lecture sur une charge, sans préciser la capacité de la batterie pour ce modèle. C’est la promesse habituelle de l’encre électronique, tenable avec un rétroéclairage modéré et le Wi-Fi coupé. En usage intensif avec la lumière au maximum, comptez deux à trois semaines.
Le stockage interne est de 16 Go, sans lecteur de carte mémoire. C’est largement suffisant pour plusieurs milliers de romans, beaucoup moins pour une bibliothèque de BD en CBR ou pour des PDF de manuels scolaires. Il faut le savoir au moment de l’achat, puisque la capacité ne s’étendra jamais.
Nous commençons par l’ergonomie, parce que c’est ce qui se paie à chaque page. Les boutons placés sous l’écran obligent à déplacer le pouce vers le bas de l’appareil pour tourner une page. Sur des centaines de pages, ce mouvement répété finit par se sentir, surtout en lisant allongé sur le dos. Si vous avez déjà utilisé une liseuse à boutons latéraux, vous aurez du mal à revenir en arrière.
Le format six pouces montre ensuite ses limites dès qu’on sort du roman. Un PDF de manuel scolaire s’affiche petit, avec un zoom et un déplacement permanent, et la fonction de recadrage ne fait pas de miracle sur une mise en page complexe. Une bande dessinée format franco-belge y reste lisible mais à l’étroit. Pour ce type de contenu, il faut un sept pouces au minimum, et plutôt un appareil avec stylet.
L’absence de capteur de luminosité ambiante pèse aussi. Le mode automatique suit l’heure de la journée, donc il ajuste le blanc vers le chaud le soir venu, mais il ne corrige pas la luminosité d’une pièce passée du plein jour à la pénombre. Il faut remettre la main dans les réglages, alors que les Kindle et les Kobo gèrent cela depuis des années.
La couleur est absente de ce modèle, ce qui n’est pas un défaut en soi pour de la lecture de texte. Mais l’existence d’une PocketBook Verse Pro Color dans la même gamme, autour de 205 euros, complique le choix. Sa dalle Kaleido 3 affiche des couleurs pâles, très loin d’une tablette, et nous ne la conseillons que pour les couvertures d’EPUB et les BD, pas pour le texte.
Il reste enfin la question de la boutique et du service. L’interface complète en français, un magasin bien achalandé et un service après-vente joignable depuis la France, c’est précisément ce que proposent les acteurs installés sur le marché français. Une PocketBook se commande en ligne, se configure à la main et s’alimente en livres chez plusieurs vendeurs. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ce n’est pas le chemin le plus court.
La Kobo Clara BW reste la référence du six pouces en noir et blanc. Elle coûte moins cher, affiche la même définition de 300 ppp, gère Adobe DRM et bénéficie d’un magasin français solide. Notre test de la Kobo Clara BW détaille ce qu’elle apporte au quotidien.
La Vivlio Light HD Color vient ensuite, avec une interface entièrement francisée et une librairie locale pensée pour le marché. Elle ajoute même la couleur, dans le même ordre de prix que la Verse Pro Color.
La Kindle Paperwhite 12e génération pour finir, si votre bibliothèque est chez Amazon. Elle est excellente en lecture, mais elle ferme la porte aux emprunts en médiathèque, ce qui reste un argument fort pour la Verse Pro.
La PocketBook Verse Pro est une liseuse complète, vendue au bon prix, mais desservie par des boutons mal placés. Pour qui oui : vous empruntez en médiathèque, vous voulez lire sans conversion et vous cherchez un six pouces léger et étanche autour de 180 euros. Pour qui non : vous lisez allongé en tournant les pages au pouce, ou vous avez besoin de lire des PDF et des BD. Dans ces deux cas, une Kobo Clara BW ou une Vivlio Light feront mieux le travail, avec un magasin français en prime.
Oui. La compatibilité Adobe DRM est annoncée par le constructeur, ce qui permet d’ouvrir les EPUB protégés des bibliothèques publiques françaises. Cela place la Verse Pro parmi les six pouces les plus ouverts du marché, avec les Kobo Clara et les Vivlio Light.
La différence tient à trois points. La Verse Pro monte à 300 ppp contre 212 ppp sur la Verse, elle est étanche selon la norme IPX8 alors que l’entrée de gamme ne l’est pas, et elle ajoute le Bluetooth et la synthèse vocale. La Verse simple coûte environ 50 euros de moins, un écart qui se justifie par la netteté de l’affichage.
Pas pour lire des romans. La PocketBook Verse Pro Color utilise une dalle Kaleido 3 dont les couleurs sont pâles et la définition en couleur bien inférieure à celle du noir et blanc. Elle a du sens pour des bandes dessinées, des couvertures et des magazines, pas pour du texte courant.
Le constructeur annonce jusqu’à un mois de lecture. En pratique, avec le rétroéclairage à moitié et le Wi-Fi désactivé, deux à trois semaines sont réalistes. Le Bluetooth et les séances d’écoute audio réduisent nettement cette autonomie sur une batterie de ce format.
Information à jour au 26 septembre 2026.